Je ne peux pas continuer ce blog sans faire cet article. Ce qui a changé ma vie, ce qui a fait de moi ce que je suis maintenant, ce qui me rends heureuse, ce qui me rends bien, qui me soulage, l’essence de ma vie. L’équitation, les chevaux. Vous allez dire « encore une nana avec son poney à la noix », oui peut-être, mais contrairement à beaucoup de ces nanas là, je n’ai pas arrêté à l’époque des amourettes et des soirées.

Tout à commencé lors d’une balade dans un parc animalier en famille, il y avait des chevaux proposés pour une balade du parc, le truc touristique à mort en fait. Il y avait un petit poney trop mignon d’après mes souvenirs, et je voulais faire un tour sur son dos. Sauf qu’il était fatigué, et on m’a fait monté sur un grand cheval. Il faisait chaud, et il était grand, alors il se collait aux arbres pour trouver de l’ombre et moi je me prenais toutes les branches dans la figure. Ca aurait pu me freiner, mais non, à peine j’étais descendue que j’ai voulu remonter. Mes parents m’ont fait continuer la visite du parc sans céder à mon caprice. J’ai continué à leur demander de remonter sur un cheval. Le lendemain, le sur lendemain encore. Ils pensaient que ça me passeraient, j’avais que 6 ans. Deux ans plus tard, j’avais toujours la même demande en bouche, et enfin ils ont cédés. A mes 8 ans, me voilà enfin à prendre mes premiers cours de poney ! J’étais la plus heureuse du monde.

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Pendant deux ans, j’ai monté ce poney là, au dessus. C’était pas gagné, la première fois que je suis monté dessus, j’ai fini dans le sable, et un plâtre au bras pendant quelques mois avec les os du poignet déplacé. Et après ça il est devenu le poney de ma vie. J’ai fait mes 400 coups avec. Mes premiers sauts, mes premiers galops, mes premières balades, des chutes incalculables, une déchirure à l’aine. Je le connaissait par cœur, je connaissait ses réactions, nous avions une réelle complicité. Puis j’ai grandi, et je suis passé à cheval.

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J’ai reconstruit avec cette jument une nouvelle complicité. Nous avons fait une randonnée d’une semaine ensemble, j’ai affronté mes peurs avec elle, j’ai détruit des langues de vipères. J’ai fait mes premiers concours avec elle, de TREC. Tout ces moments sont à jamais gravé dans ma tête. Mais après avoir passé 7 ans dans le même club j’ai voulu changer de club. J’en ai fait plusieurs, avant de rester quelques années au prêt d’un moniteur indépendant et de sa jument.

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Ils m’ont appris ensemble les rudiments du dressage, et m’ont confirmé ma passion pour cette discipline. Mes bases en dressages sont là grâce à ses cours. Puis j’ai déménagé sur Paris, et là, ma vie équestre à pris un énorme tournant.

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Car non,malgré le déménagement j’ai continué à monter à cheval, même si mes études me prenaient du temps je continué à me consacrer à ma passion. Et c’est dans ce club parisien que j’ai rencontré LA jument de ma vie. Vera Van Der Verbrandenhoek. Jument exploitée pour les cours de saut et les concours, et dont tout le monde se fichait de ses capacités en dressage. J’ai tenté le coup, et j’ai pris des cours de dressage avec elle. Puis je l’ai prise en DP, et j’ai alterné cours de dressage et cours d’éthologie. Elle n’était pas simple, elle était obligatoirement monté en enrênement, mais notre monitrice croyait en nous, et je croyais en nous. Mes études ont pris fin plus tôt que prévu, et j’ai du retourner dans ma région natale. J’avais le cœur brisé de me séparer d’elle, je ne pouvais pas, je ne voulais pas. Elle avait un pied bot (donc maréchalerie spéciale), et des soucis aux yeux, mais tant pis, malgré tout les avis contraire à ça je l’ai acheté. Direction ma région avec Vera dans le van derrière. Nous avons passé 10 premiers mois formidables à notre premières écuries où nous avons enlevé enrênements, où elle m’a redonné confiance à l’obstacle, où elle s’est rapproché inconsidérablement de moi, où j’ai apporté du confort à son pied bot. Puis ce fut le drame.

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Elle perds la vue, devient aveugle, le directeur vends le club, le nouveau directeur nous mets à la porte. Branle bas de combat, j’arrête de la monter pendant un été, question de sécurité exigée par le nouveau directeur le temps que je parte. Je cherche, je cherche. Bonheur, mon maréchal ferrant me dit qu’il a une petite pension chez lui et un box de libre. Merveilleux, fantastique, nous allons là-bas. Ca fait maintenant deux ans que nous sommes là-bas, et les progrès sont fulgurants. Je suis remontée sur son dos, et depuis je n’ai pas arrêté. Nous continuions à progresser en dressage, surtout elle, malgré qu’elle ne voit pas où elle mets les pieds. Nous partons en balade à pied pendant 40 minutes alors qu’avant elle resté planté les quatre sabots sur la route à 20m de l’écurie. Elle connaît chacun de mes ordres vocaux et nous permets de travailler en liberté. Et nous avons encore toujours des objectifs en vue, dont un, celui qu’elle arrive à prendre ses repères dans le paddock pour la lâcher comme un cheval normal, car oui il ne faut pas oublier, elle est aveugle.

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L’équitation pour moi n’est pas qu’une mode, n’est pas qu’un sport, n’est pas qu’un moyen de briller. En fait, l’équitation pour moi n’est rien de tout ça. L’équitation est une thérapie, ma thérapie, ma jument est ma thérapeute.

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Tatouage pour ma jument, dont j’ai signé les papiers le 21 septembre 2012.

 

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