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Ca fait quelques temps que je réfléchis à mon prochain tatouage. Mon sixième. Et d’avance, je connais les réactions que le peuple Français aura, même s’il ne sera pas visible aux yeux de tous. Parce que oui, suffit que tu en parles une fois et tout le monde te demande de te déshabiller pour les afficher. T’en montre un, deux, les gens sont contents, souris, et quand tu dis que t’en as encore 3/4 autres, leurs visages se déforment et les réactions ne se font pas attendre « Mais euh, t’es sûre de toi ? » De toute façon, là c’est trop tard ! « Et ils veulent dire quoi ? » Alors ça, ça a le don de m’agacer ! Au début, je trouvais ça cool qu’on me demande. Maintenant, ça m’agace. J’ai pas forcément envie que tout le monde le sache, j’ai pas forcément envie de raconter cinq histoires de ma vie différentes, et j’ai pas forcément envie de répéter ça 40 fois par soirée. C’est sur ma peau, c’est mon journal intime. « Oui, mais c’est nous qui regardons ta peau! » m’avait un jour répliqué ma mère. Certes, mais elle m’appartient toujours. Laissez-moi donc en faire ce que je souhaite !

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« C’est moche, c’est vulgaire, tu étais plus jolie avant. » La beauté, c’est subjectif. Le vulgaire, c’est cliché. Mes tatouages sont pour moi une thérapie. Ils retracent une partie de ma vie, ce qui a fait de moi ce que je suis maintenant, un événement clé de mon histoire, et surtout ils ont un emplacement sur mon corps qui n’est pas laissé au hasard. Ils sont tous posés de façon à augmenter la force de leur signification, mais aussi et surtout de façon à accepter un corps que je n’ai jamais aimé, à décomplexer sur des parties que j’avais en horreur. Grâce à eux j’ai appris à m’aimer un peu plus, grâce à eux me regarder dans une glace n’est plus un supplice. Non, je n’étais pas plus jolie avant.

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« T’es encore jeune, tu vas faire comment à 40 ans ? T’en voudras plus, t’aimeras plus, et puis en plus, ça va mal vieillir ! » Est-ce que moi je te demande si ta chirurgie plastique te conviendra encore quand t’auras 60 ans ? Non ! Heureusement qu’on ne s’empêche pas de vivre à chaque geste, chaque action, parce qu’on va vieillir. Le fait qu’ils aient tous une signification pour moi, qu’ils représentent des passages de ma vie m’assurent le fait que je les aimerai toujours pour l’histoire qu’ils portent. Et parce que je les aime, je vais en prendre soin d’année en année afin de m’assurer qu’ils vont bien vieillir. Ces seniors tatoués me donnent envie d’être comme eux plus tard.

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« Mais euh, tu peux enlever tes piercings ? » Comme m’a dit un jour un petit de maternelle à propos des mes piercings justement « Tout ce qui est rentré peut ressortir ! ». C’est qu’il a plus de jugeote que certains adultes dit donc. « Tes lobes, c’est des vrai trous ? » Et de là s’ensuit encore l’éternel discours, est-ce que tu as pensé à plus tard, quand tu vas vieillir, quand tu vas trouver du travail. Avant de travailler avec les enfants, j’ai travaillé dans le commerce. Je n’ai jamais eu de problèmes, que ce soit pour les entretiens d’embauches que pour le relationnel derrière. Maintenant que je suis en contact permanent, avec les enfants et leurs parents, même si les parents peuvent ne pas apprécier mon look, ils sont tous cordiaux envers moi, mes responsables sont géniaux avec moi. Oui, j’attends un cdi pour me faire tatouer le bras entier ainsi que la poitrine, mais alors pour mes cheveux et pour mes piercings, je ne vais pas non plus m’empêcher de vivre. Le travail, c’est comme l’amour, si je dois me changer pour être accepter, c’est que c’est pas le bon travail pour moi ! 

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ET VOUS, DES TATOUAGES, DES PIERCINGS ?

 

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